Trinix
Printemps de Bourges 2024
Découvrez l'interview exclusive de Trinix lors du Printemps de Bourges 2024.
Trinix, c’est l’histoire de deux producteurs et DJs français, Josh Chergui et Loïs Serre, originaires de Lyon, qui ont su imposer leur signature sur la scène électro internationale.
Révélé par leurs mashups et relectures modernes de tubes des années 90 et 2000, le duo a rapidement conquis le public grâce à une approche créative et accessible, portée par une forte présence sur les réseaux sociaux.
Aujourd’hui, Trinix fait partie des artistes électro français les plus suivis, transformant le succès digital en véritables performances scéniques, avec notamment une date marquante à l’Olympia.
Leur univers musical, à la croisée de l’électro, de la pop et des influences du monde, les place comme l’un des duos incontournables de leur génération.
Bonjour, est-ce que c’est la première fois que vous venez au Printemps de Bourges en tant qu’artistes ?
Oui, en tant qu’artistes… et aussi en tant que spectateurs !
Ah aussi ? Vous n’étiez jamais venus auparavant ?
Si, il y a huit ans. Nous avions participé aux Inouïs du Printemps de Bourges. Nous avions été présélectionnés dans notre département, en Auvergne-Rhône-Alpes.
L’histoire est belle, parce qu’on se retrouve ici, quelques années plus tard.
Vous jouez ce soir dans l’immense salle du W. Saluer le public dans ce cadre, ça fait quoi ? Un peu peur ?
Pas vraiment peur. C’est surtout excitant. C’est quelque chose qu’on attend depuis très longtemps. Jouer dans des festivals comme celui-ci, c’est un rêve qu’on avait quand on était plus jeunes.
On est surtout concentrés sur la scène et sur le fait de montrer notre show. Et puis, c’est l’ouverture de la saison : on va voir si tout ce qu’on a préparé ces six derniers mois fonctionne ou pas.
C’est un peu un bêta test.
Et après Bourges, d’autres festivals arrivent ?
Oui, dès demain à Biarritz. Ensuite, Solidays, les Francofolies de La Rochelle, les Francofolies de Spa, les Vieilles Charrues, Toulon, Roland en Belgique…
Et une date à Paris le 1er mars 2025. Nous sommes aussi passés récemment à l’Olympia.
Vous préférez l’ambiance salle ou l’ambiance festival ?
Personnellement, j’adore l’ambiance salle. C’est notre public qui vient nous voir, donc c’est plus facile.
En festival, il y a beaucoup de gens qui ne nous connaissent pas, il faut parfois faire un peu plus de concessions.
En salle, on peut se permettre des choses plus complexes, plus audacieuses, parce que le public nous connaît. La création prend plus de temps, c’est plus ambitieux.
En festival, il y a quelque chose de plus léger : on est là pour faire la fête avec les gens. Les deux sont top, mais très différents.
Quelles sont vos grandes influences musicales ?
Il y en a beaucoup. Bien sûr, Daft Punk.
Mais aussi la variété française : Vianney, Bénabar, Christophe Maé, Raphaël. Je suis un très grand fan de Raphaël.
Même si on fait de l’électro, on n’écoute pas que ça. On écoute aussi de la musique classique.
J’ai fait la Maîtrise de l’Opéra de Lyon, donc j’ai une formation musicale très scolaire et très structurée.
Un nouvel album est-il en préparation ?
Oui, on y réfléchit et on travaille dessus.
Pendant le confinement, on était en montagne, dans un chalet. Notre chat était avec nous, c’est d’ailleurs pour ça qu’on l’a mis sur la pochette de l’album.
Que pensez-vous de la programmation du Printemps de Bourges cette année ?
Elle est super éclectique, et c’est ça qui est génial. Il y a plein d’artistes qu’on n’a pas encore vus et qu’on a hâte de découvrir, comme Yamê ou Solann.
C’est un festival où on trouve à la fois des artistes très mainstream et des choses plus underground. Il y en a vraiment pour tout le monde.
Vous avez enregistré un album à Los Angeles. Repartiriez-vous ailleurs pour le prochain ?
Oui, peut-être ailleurs. Los Angeles, on l’a fait.
Aujourd’hui, on a un projet très orienté “world music”. On a envie de voyager et de s’inspirer de différentes cultures.
L’Afrique, l’Indonésie, l’Asie, l’Afrique du Nord… Il y a de la bonne musique partout dans le monde.
Vous avez récemment sorti une collaboration avec Corneille et Aya Nakamoura. Comment est né ce projet ?
Tout est parti d’une vidéo d’Aya Nakamoura sur France Inter, où elle chantait Avec classe de Corneille.
On a reposté l’extrait sur TikTok, c’est devenu viral. Aya nous a contactés, puis Corneille aussi. Le lien s’est fait naturellement.
Ils n’avaient jamais vraiment collaboré ensemble. On leur a proposé une nouvelle version du titre, et ils ont dit oui immédiatement.
C’est vraiment la magie d’Internet.
D’autres collaborations rêvées ?
Il y en a plein. En électro, David Guetta.
Mais aussi des collaborations un peu WTF avec des artistes de variété française. Tout est possible !
Comment vous êtes-vous rencontrés ?
À la kermesse de mon école, en CM2, à la pêche aux canards !
Mon grand frère était ami avec lui au lycée et lui a dit de venir me voir.
On habitait dans le même quartier, mais on ne s’était jamais croisés.
Lui venait d’un univers hip-hop, beatmaking, MAO. Moi, j’avais un parcours très classique.
Il m’a montré qu’on pouvait faire de la musique avec un ordinateur. Ça m’a ouvert énormément de portes.
Aujourd’hui encore, chacun apporte sa culture musicale à l’autre.
Composer un morceau, c’est long ?
Ça dépend ! Si on n’est pas d’accord, ça peut être très long.
Mais parfois, ça va très vite. Beautiful Day, qui est devenu viral, a été composé en 40 minutes.
On a compris que la musique peut aussi se faire simplement, sans trop se prendre la tête.
Vous clôturez le festival ce soir. Un peu de pression ?
Oui, un peu de pression, forcément. Mais surtout beaucoup d’honneur.
On espère être à la hauteur.
* Propos recueillis lors de l'interview du 26/04/2024.
