The Avener

Printemps de Bourges 2025

Découvrez l'interview exclusive de The Avener lors du Printemps de Bourges 2025.

Originaire de Nice, The Avener, de son vrai nom Tristan Casara, s’est imposé comme l’une des figures majeures de la scène électro française.
Révélé en 2014 avec son remix du titre Fade Out Lines, il séduit par un style élégant mêlant deep house, soul et influences acoustiques. Son premier album, The Wanderings of The Avener, rencontre un succès international et installe durablement sa signature musicale, à la fois raffinée et accessible.
Depuis, il enchaîne les collaborations et les projets, confirmant sa place parmi les artistes français les plus écoutés à l’étranger.


Est-ce qu’on peut commencer l’interview en abordant le titre Lunae Veritatis, avec le featuring de Drax Project ?


Oui, avec mes deux amis.
C’est un morceau que j’ai fait un soir de pleine lune. Ça va paraître un peu mystique en début d’interview, mais c’est vrai que les soirs de pleine lune, j’ai un peu plus d’inspiration que les autres jours.
J’étais dans mon studio, une mélodie m’est venue, et elle s’est transformée en une track club, un morceau assez clubbing.
Des connaissances à moi connaissaient bien le groupe Drax Project, un groupe néo-zélandais. Je connaissais un peu leur musique, et ils m’ont proposé de leur envoyer le morceau.

Le chanteur a accroché, il a fait une première topline, un premier enregistrement… et le résultat était cool. On a échangé plusieurs versions à distance, à 22 000 km.
Puis un jour, il m’a envoyé la version finale, et là je me suis dit : wow, il y a quelque chose. Il y a du romantisme, une mélodie forte, une puissance électronique. Ça changeait de ce que je faisais avant, comme les reworks. J’avais envie d’ouvrir un nouveau chapitre, et ce morceau marque ce début.

Pour le clip, j’en suis très fier. Il a été réalisé par Sébastien Caudron, le frère de mon manager. Il a travaillé sur des projets énormes, des grandes campagnes et même avec Daft Punk au début des années 2000.
Le clip est entièrement en 3D, en motion design, dessiné à la main. Il n’y a quasiment pas d’intelligence artificielle, contrairement à ce que certains pensent. Ça a demandé 4 mois de travail avec une équipe de 15 personnes.
Le clip raconte comment une idée créative naît dans l’esprit d’un artiste. On y voit deux humanoïdes futuristes, avec une esthétique rétro-wave. Il y a un message un peu philosophique… je laisse les gens le découvrir.

Il y a aussi un EP de remix pour les 10 ans de The Fed Outlines. C’était important de marquer le coup ?

Oui, très important. C’est le morceau qui m’a fait connaître et qui me permet encore aujourd’hui de vivre de ma passion.
On a voulu célébrer ça avec un vinyle en édition limitée, disponible sur mon site, avec de super remixes, notamment de Francis Mercier, Nicolas Meunier, Samy Ferrer…
C’est aussi un hommage aux gens qui ont une histoire avec ce morceau.

On vous a vu avec toute la French Touch aux Jeux Olympiques. C’était comment ?

C’était incroyable. On a fait la clôture des Jeux paralympiques.
J’ai encore du mal à réaliser. On avait chacun 3 à 4 minutes, mais c’était les plus intenses de ma vie. Jouer au Stade de France, devant un public international… c’était un moment unique.

Le clip de The Morning Sun a dépassé les 2 millions de vues. Les chiffres sont importants pour vous ?

Oui et non. Aujourd’hui, les chiffres donnent du crédit, mais je ne fais pas de la musique pour ça.
Je fais de la musique pour moi. Si ça touche les gens, tant mieux. Mais je ne cours pas après les millions de vues, même si mon label pousse parfois dans ce sens.

Y a-t-il des morceaux que vous ne retravailleriez jamais ?

Oui, les grands tubes.
Je préfère retravailler des morceaux peu connus, leur donner une nouvelle vie. C’est plus difficile, mais plus intéressant artistiquement.

Vous travaillez sur de nouveaux morceaux ?


Oui, énormément.
Je passe 5 à 6 jours par semaine en studio. Il y a beaucoup de choses en préparation, avec des sorties prévues fin 2026.

L’Olympia, ça représente quoi ?


C’est un rêve.
Quand on est enfant, on voit ces artistes mythiques s’y produire… et un jour, voir son nom sur la façade, c’est irréel. J’ai mis des semaines à réaliser.

Et le Printemps de Bourges ?

C’est un festival très important pour moi. C’est le début de la saison, un moment clé pour les artistes.

On peut parler de la scénographie ?

Oui. On a travaillé avec Alien Productions.
On a voulu un mélange entre électro, synthwave et funk. Il y a des visuels uniques pour chaque morceau.
Je me rapproche aussi davantage de mes racines DJ, avec un set plus hybride.

Fatboy Slim est aussi à l’affiche ce soir…

Oui, énorme respect pour lui. C’est une inspiration.
On m’a dit qu’il jouait pieds nus avec une moquette derrière les platines… je vais peut-être faire pareil !

Avec qui aimeriez-vous travailler ?

Avec des gens talentueux, connus ou non.
Un jour, j’ai croisé un pianiste de rue à Nice, incroyable…
Sinon, dans l’idéal : Beethoven ou Mozart… mais ça va être compliqué !

* Propos recueillis lors de l'interview groupée du 18/04/2025.